Friday, February 13, 2015

Tentative d'escroquerie ou de coup de force au Sénat d'Haïti? par Stanley Lucas


Après une décision étrange du juge Bredy Fabien à la Chambre des référés, le mercredi 11 février, le juge de paix Fred Marie Legerme, accompagné de l’ancien sénateur Simon Desras, s’est rendu au Sénat, pour signifier à l’institution que le mandat de ce dernier n’a pas pris fin.

Une décision judiciaire suspecte
Le Président du Sénat, Andris Riche a confirmé l’information qui a été remise au secrétariat général. Riche doit s’informer sur les détails de ce dossier qui semble être en attente. Etant donné que l’Etat haïtien va en appel, la décision étrange du juge Fabien, qui a donné préséance d’une carte administrative du Sénat sur le Moniteur, n’est pas définitive. Le Sénat doit laisser le dossier suivre son cours avant de se prononcer. Pour le Sénat, Desras est toujours un ancien sénateur, jusqu’à décision finale de la justice. En général le sénat valide les pouvoirs d’un sénateur sur la base des résultats publiés dans le Moniteur. Est-ce que la décision suspecte d’un juge peut changer les résultats des élections et prolonger le mandat d’un sénateur ? Quelles sont les implications de cette aventure provoquée par l’association Desras-Fabien?

Etrange tentative de prolongation de mandat
En Haïti les élus sont informés de leur fonction et de la durée de leur mandat, à travers la publication des résultats du Conseil Electoral Provisoire (CEP) dans le Journal Officiel de la république, « Le Moniteur ».  Le 21 juillet 2011, le Moniteur publiait son numéro 81, annonçant que Simon Desras était élu comme deuxième sénateur du département du Centre, c’est-à-dire pour 4 ans.  En décembre dernier, le sénateur Desras reconnaissait que son mandat et celui de neuf autres sénateurs prendrait fin en Janvier 2015. Il préconisait alors leur maintien en poste à travers une prolongation. Pourquoi cette contradiction aujourd’hui ?

Le goût illimité du pouvoir: une drogue politicienne
Desras a pris goût au pouvoir et il a du mal à l’abandonner. Selon la conception du pouvoir en Haïti, il correspond parfaitement au profil de l’homme qui, s’il avait les moyens, aurait accouché d’une nouvelle présidence à vie. Son plan pour prolonger illégalement son mandat n’est pas nouveau. Sa première tentative pour préparer le terrain ne date pas d’hier.  En mai 2012, le sénateur Desras avait proposé de prolonger de deux ans le mandat de dix sénateurs dont le mandat était terminé. Il s’agit des sénateus suivants : Youri Latortue, Edmonde Supplice Beauzile, Michel Clérié, Nenel Cassy, Kely Bastien, Jean Rodolphe Joazile, Evallière Beauplan, Anacacis Jean Hector, Yvon Buissereth, et Joseph Lambert. La conférence des Présidents du Sénat ainsi que les sénateurs en instance de départ avaient décidé de rejeter le 8 Mai 2012 cette proposition de Desras car elle était illégale et inconstitutionnelle. Depuis lors, il aurait dû comprendre mais ces politiciens aveuglés par le pouvoir deviennent fous et perdent complètement le sens des réalités. Cette tentative d’escroquerie ou de coup de force au sénat de la république (1) doit être éclaircie par une enquête approfondie. Le juge Bredy Fabien doit répondre à beaucoup de questions et l’action de Simon Desras doit être comdamnée. 

(1)  Ici faut-il comprendre :
-  Tentative d’escroquerie ou de coup de force tentée au sein du Sénat
- Tentative d’escroquerie ou de coup de force contre le Sénat

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